Description
Extrait
du recueil Japoneries d’automne édité en 1889.
Le
début :
«A
Lady Margaret Brooke,
Rânée
de Sarawak.
J’ai
tramé quelques intrigues, je l’avoue, pour
être
invité chez cette presque invisible impératrice, que je rêve de
voir à cause de son invisibilité
même.
Et
j’ai réussi, car je tiens entre mes doigts une
grande
enveloppe à moi adressée, au revers de
laquelle
je reconnais les armes impériales : cette
sorte
de rosace, simple et étrange, qui orne les
monnaies,
le faîte des monuments publics, le voile
des
temples, et qui est la représentation conventionnelle du
chrysanthème, — comme était, sur
nos
bannières-de France, la représentation “du lis.
Je
l’ouvre, et j’en retire un carton d’un blanc
ivoire,
timbré, lui aussi, d’un chrysanthème
héraldique
d’or et encadré d’une fine guirlande
de
chrysanthèmes ordinaires à feuillages d’or.
L’aspect
de cette invitation fait, à lui seul, présager quelque chose de
rare et d’exquis. Au milieu,
il
y a naturellement un indéchiffrable grimoire,
qui
est disposé en petites colonnes verticales et
dont
la lecture, au rebours de toutes nos notions,
doit
être faite de haut en bas.
Cela
signifie : « Par ordre de Leurs Majestés
l’empereur
et l’impératrice, j’ai l’honneur de vous
inviter
à venir au jardin du palais d’Akasaba voir
les
fleurs de chrysanthème.
Signé
: » HITO HIROBOUNI, ministre du palais.
Le
48 jour du 118 mois de la 18e année
Mesgi
(9 novembre). »