Description
« Monelle me trouva dans la plaine où j’errais et me prit par la
main.
– N’aie point de surprise, dit-elle, c’est moi et ce
n’est pas moi ;
Tu me retrouveras encore et tu me perdras
;
Encore une fois je viendrai parmi vous ; car peu d’hommes
m’ont vue et aucun ne m’a comprise ;
Et tu m’oublieras et
tu me reconnaîtras et tu m’oublieras.
Et Monelle dit encore :
je te parlerai des petites prostituées, et tu sauras le
commencement. […] »
Maurice Maeterlinck écrivait dans le Mercure
de France, lors de la publication du Livre de Monelle
en 1894 : « Je ne puis tout citer de ces pages, les plus parfaites
qui soient dans nos littératures, les plus simples et les plus
religieusement profondes qu’il m’ait été donné de lire, et
qui, par je ne sais quel sortilège admirable, semblent flotter sans
cesse entre deux éternités indécises… Je ne puis tout citer ;
mais cependant, La Fuite de Monelle, cette fuite de
Monelle qui est un chef d’œuvre d’une incomparable douceur,
et sa patience et son royaume et sa résurrection,
lorsque ce livre se referme sur d’autres paroles de l’enfant, qui
entourent d’âme toute l’œuvre, comme les vieilles villes
étaient entourées d’eau… »
Durée : 2h53min
Consulter la version
texte de ce livre audio.
Illustration :
La
Fidèle (Jeanie), par Georges de Feure, pour le recueil La
Porte des rêves (1899).
Références musicales :
Robert Schumann, Scènes
d’Enfants, Op015, VII : Rêverie, interprété par Yves Nat
(1937, domaine public).